Attentat de Nice

LE SNETAA EN APPELLE À LA MINISTRE

Le SNETAA-FO est horrifié par ce nouvel attentat perpétré hier soir, jour de la Fête Nationale, à Nice. L’ampleur du nombre des victimes est considérable. Des dizaines de spectateurs et spectatrices du feu d’artifice du 14 juillet ont été assassiné-e-s, d’autres blessé-e-s dont un grand nombre avec un pronostic vital engagé, des centaines terriblement choqué-e-s.

Le SNETAA pense à toutes ces victimes, à leurs familles et à leurs proches. Le SNETAA leur adresse sa réelle compassion et sa solidarité. Le SNETAA National assure son Secrétaire Académique, toute son équipe sur place, nos centaines de militant-e-s à Nice et dans l’Académie, de sa totale fraternité.

Le SNETAA National se tient à leur disposition pour toute aide dont ils auraient besoin. Toute l’équipe nationale est mobilisée dont les militantes psychologues cliniciennes disponibles au siège.

Nous rappelons notre attachement aux valeurs de la République dont la laïcité, seule à même de recouvrer le vivre-ensemble. Très touché par cette nouvelle tragédie, le SNETAA-FO pense d’abord à toutes les victimes.

Le SNETAA en appelle à notre ministre, Mme Najat Valaud Belkacem, alors que nous la savons défenderesse des valeurs républicaines, de laïcité et de mixité, pour rappeler à toute son administration le rôle primordial des lycées professionnels, des sections professionnelles (SEP, SEGPA, EREA) dans la transmission des valeurs républicaines qui font le « vivre-ensemble ».

La voie professionnelle, ses établissements publics de formation initiale, ses personnels, nous tous, sommes le dernier rempart dans l’Éducation Nationale pour former des travailleurs ET des citoyens libres en conscience. Les Professeurs de Lycées Professionnels (PLP) sont le clergé de la laïcité, seule à même de respecter l’autre et d’être fier-e d’être citoyenne et citoyen dans une République qui aime tous ses enfants.

En ce jour de deuil et de consternation, nous tenons à rappeler la place des Professeurs de lycée professionnel et plus particulièrement celle des PLP des enseignements généraux, souvent relégués, et qui ont de moins en moins de moyens clairement identifiés pour assurer l’enseignement de la morale civique. Au contraire, on leur impose un programme décalé, issu de pédagogistes hors-sol qui méconnaissent les jeunes dans la voie professionnelle. Il y a urgence à recentrer nos enseignements sur la connaissance du monde contemporain et à arrêter les regroupements de sections (regroupements horizontaux et verticaux) qui portent souvent les classes des PLP d’enseignements généraux et techniques comme l’histoire -géographie à 35 élèves voire plus. Ce n’est plus tenable ! Nous demandons du temps pour assurer un travail d’équipe efficace quand d’innombrables réformes détricotent ce qui faisait succès dans l’intégration de nos élèves, jeunes adultes en formation.

La voie professionnelle n’est pas une voie comme une autre. Elle n’est ni voie de garage ni voie de relégation. Elle est une voie de réussite réelle pour 700.000 jeunes tous les ans. A cet égard, la voie professionnelle initiale, publique et laïque doit pouvoir trouver une réelle écoute et être traitée avec une attention de tous les instants. Ces dernières années, cette prise de conscience n’a pas forcément eu lieu ; souvent passagère, elle passait au broyeur de la pensée unique et de technocrates qui n’y voient qu’une orientation excluante ou une variable d’ajustement de tout le second degré. Chaque jour, le SNETAA dénonce les atteintes réellement visibles dans nos établissements : contre nos formations, nos jeunes pré-adultes (de 15 à 22 ans) et les personnels.

Les PLP, dévoués, connaissent parfaitement le monde économique, les formations dispensées, les jeunes et leurs familles. Notre Pédagogie, notre corps spécifique de PLP sont l’essence même pour former à des métiers validés par des diplômes nationaux mais aussi et surtout pour former aux valeurs républicaines de Liberté, d’Égalité, de Fraternité. Nous ne pouvons plus accepter que les PLP soient traités comptablement, souvent avec le mépris que certains réservent aux classes sociales qui se sentent rejetées par ce monde totalement bouleversé. Nous, Professeurs de Lycée Professionnel, nous nous vouons pleinement pour former ces jeunes. Goût de l’effort, exigence des qualifications, diplômes formant aux métiers d’aujourd’hui, discipline du collectif classe, respect de l’autre, esprit critique, valeurs républicaines, laïcité, ces missions, nous tenons à pouvoir les assurer. Quand on incite un enfant qui n’a pas au minimum un diplôme de l’Éducation Nationale lui permettant de mettre à distance sa formation, à s’orienter précocement vers l’apprentissage, on incite ce jeune à choisir une formation dispensant trois fois moins d’heures en enseignement général. Trois fois moins de français, de mathématiques, de langue, d’histoire- géographie ! L’enseignement général et technique est indissociable de l’enseignement professionnel initial, public et laïque. Qu’on arrête de nier la spécificité de la voie professionnelle, la spécificité de nos enseignements ! Qu’on arrête de nier la spécialité de ces professeurs du Second Degré, fonctionnaires d’État hautement qualifiés que sont les Professeurs de Lycée Professionnel !

Nos gouvernants doivent recouvrer bon sens dans les choix politiques pour la voie professionnelle. La voie professionnelle est riche, forte de ses réussites pour les jeunes, forte de ses personnels qui doivent se sentir respectés et reconnus par toute la hiérarchie. Dans ce sens, la dernière circulaire sur les secondes professionnelles rappelle le rôle crucial, spécifique, particulier de la voie professionnelle quand, encore, la DGRH du ministère passe son temps à sabrer cette voie et les PLP. Si injecter 1 000 « équivalents temps plein » (ETP) dans la voie professionnelle est appréciable sur le papier, comment alors comprendre que les dotations horaires globales (DHG) diminuent dans un grand nombre d’établissements ? Comment comprendre qu’on va jusqu’à empêcher ces PLP de muter après de nombreuses années de tentatives balayées par la DGRH ? Comment comprendre le développement de secondes indifférenciées ou à champs professionnels ? Comment comprendre que les PLP de l’ASH sont mis à mal et les SEGPA fragilisées ? Comment comprendre les réticences de l’Administration -en particulier rectorale -d’ouvrir partout des BTS en lycées professionnels ? Comment comprendre qu’on refuse encore trop souvent les PLP, professeurs du second degré, spécialistes, recrutés à Bac+5, d’être affectés en BTS en LP ?

Les PLP sont peut-être parmi les derniers hussards de la République qui se dévouent pour que ces jeunes pré-adultes que la Nation nous confie aient un avenir au sein de notre République.

Les mots ont souvent été dévoyés depuis des décennies dans des discours lénifiants teintés de bons sentiments. Ils ont un sens pour la voie professionnelle qui doit être sanctuarisée comme ce que l’Ecole offre de mieux à ces jeunes qui se sentent déclassés voire rejetés. Il ne suffit pas de louer cette voie de réussite, il faut lui donner toutes les priorités car c’est le dernier moment pour un grand nombre de jeunes d’être assurés que la République les aime et exige d’eux les efforts nécessaires pour faire d’elles et d’eux des adultes, des salarié-e-s diplômé-e-s et reconnu-e-s, des citoyennes et des citoyens libres en conscience dans notre République.

La voie professionnelle n’est pas une voie de relégation ; elle est une chance, un avenir pour plus de 700 000 jeunes tous les ans dans notre pays. Les Professeurs de Lycée Professionnel ne sont pas des professeurs comme les autres : ils sont des fonctionnaires d’État, spécifiques, hautement qualifiés qui se donnent tout entier dans une mission souvent âpre que beaucoup ont délaissée. C’est pourquoi le SNETAA en appelle solennellement à la Ministre : la voie professionnelle initiale, publique et laïque doit dès maintenant être louée dans ses actes concrets par toute l’Éducation Nationale. Les PLP doivent être entendus, respectés, d’abord par leur hiérarchie première que sont les chefs d’établissements : nous voulons les savoir à nos côtés. Les inspecteurs doivent être des pairs dont nous sollicitons les conseils bienveillants. Les Recteurs et leur administration doivent traiter cette voie avec les honneurs qu’on lui doit. Avec une Ministre qui chante la voie professionnelle, c’est l’honneur de l’Éducation Nationale que de donner aux jeunes qui en ont le plus besoin un métier et une citoyenneté.

Il n’est jamais trop tard : tout comme son Directeur-Adjoint de cabinet, ses Conseillères, des responsables de la DGESCO, la Ministre de l’Éducation Nationale peut encore recevoir et entendre le SNETAA FO, premier syndicat des professeurs de lycées professionnels.

La France vient d’être une nouvelle fois durement touchée. En cette occasion, notre compassion première est toute entière à l’adresse des victimes. Le SNETAA les assure de toute sa solidarité et de sa chaleureuse fraternité.

Contact :

PascalVIVIER

SecrétaireGénéralAdjoint

06 27 49 07 27

pasqualv@free.fr

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